le bouquet tout compris : 253 chaines.
Celle-là je ne l’avais pas vu venir. Cette histoire date de quelques années. Une fois n’est pas coutume, je fréquentais alors un jeune homme, médecin de son état. Notre histoire n’avait que quelques semaines et je commençais à être un peu lassée de son côté autoritaire, monsieur voulait tout contrôler, tout gérer, y compris moi. Je m’étais alors invitée chez lui pour boire un verre et lui expliquer ma vision des choses. On est jamais au bout de ses surprises dans la vie et ce qui se passa ensuite le prouve. A peine j’avais évoqué le fait que je ne désirais pas être traitée comme bobonne, avec je dois avouer un ton un peu excédé, que l’homme que je connaissais devint un autre. Mais vraiment un autre je veux dire! Je pense que je noublierai jamais son visage à ce moment précis, il semblait dans l’extase, dans le relâchement total, je voyais chaque ride de son visage s’atténuer, chaque muscle relâcher sa tension. Ce spectacle me déstabilisa un peu. Je ne savais pas trop si c’était du lard ou du cochon et l’idée qu’il allait me balancer une bonne beigne dans la tronche ma effleurée, mais non. Bien au contraire. Il baissa les yeux, je m’en souviens comme si c’était hier, et me dit l’impensable : “oui maîtresse”. Alors là, chers lecteurs, qu’auriez vous fait à ma place? Et bien je me suis laissée prendre au jeu sans trahir ni ma surprise ni ma perplexité qui étaient toutes deux pourtant bien grandes. Je suis restée ferme en lui disant les mots que je pensais qu’il attendait. Je lui ai fait faire un petit spectacle bien humiliant devant moi, “assieds, debout, couché, relève-toi, baisse les yeux, à genoux… etc etc”. Il bandait comme un fou. Je ne détestais pas la situation mais le décalage avec l’homme que j’avais connu auparavant était tel, que j’étais parfois au bord du fou-rire. Il n’en vit rien. Il était complètement la chose qu’il avait voulu devenir, ma chose. Ce petit jeu a duré une bonne heure. Je commençais à être excitée aussi. Soudain, il sortit de son mutisme obéissant, et, sans sortir de son rôle pour autant, me demanda la permission de me montrer quelque chose. Je le suivis dans sa chambre, il trottinait devant moi à quatre pattes car je ne l’avais pas autorisé à se lever. Les joues écarlates et tout tremblant il ouvrit un tiroir de son bureau. Le matos fit son entrée. Outre les chaines, menottes et autres baillons, il y avait tout un tas de petits objets dont je ne compris pas le fonctionnement tout de suite. Mon amant n’osait ou ne voulait pas relever la tête. Je ne sais pas si il avait peur de ma réaction ou si il restait volontairement bien dans son rôle. Tout à coup, j’eu pleins d’idées…
(la suite au prochain numéro)


